mardi 27 décembre 2011

27 décembre : saint Jean apôtre et évangéliste



En ce jour du 27 décembre, nous fêtons saint Jean l'évangéliste et apôtre du Christ. La tradition de l'Eglise y voit la même personne. Cette tradition est contestée parfois par ceux qui y voient 2 personnes différentes, comme le théologien et exégète Marie-Emile Boismard. Le dernier en date est l'historien Jean-Christian Petitfils, qui a écrit un ouvrage remarquable sur Jésus, respectueux des écrits des auteurs cités, y compris lorsqu’ils sont chrétiens fidèles. Mais cela ne m'empêche pas de reprendre ici la vision traditionnelle de l'Eglise qui voit bien un seul et même homme fils de Zébédée, apôtre du Christ, évangéliste et aussi rédacteur de ses 3 épîtres et de l'Apocalypse.


Un homme avait deux fils, comme lui pêcheurs sur le lac de Tibériade. Jacques et Jean, les fils de Zébédée, ne manquaient pas de personnalité: on les appelait "fils du tonnerre". Grande était leur soif spirituelle. C'est pourquoi ils s'attachèrent à l'enseignement de Jean le Baptiste: "Celui qui vient derrière moi est plus grand que moi." Aussi, quand le Baptiste dit un matin, en leur montrant Jésus de Nazareth: "Voici l'agneau de Dieu." Jean suivit cet homme. Jacques dut hésiter encore. Lorsque quelques jours après, Jésus dit aux deux frères qui maillaient leurs filets: "Venez avec moi." Jacques et Jean suivirent le Maître.

Jean était jeune. Il avait un grand amour du Christ. Il pensait que celui du Christ était plus grand encore. Alors il s'appela: "le disciple que Jésus aimait." Il fera partie du petit groupe des fidèles d'entre les fidèles. Il est sur le Mont Thabor lors de la Transfiguration, à la Cène, tout contre Jésus et au Calvaire, le seul parmi les apôtres, au pied de la croix. C'est là que Jésus lui confie Marie, sa mère.

Selon la tradition de l'Église catholique, c'est toute l'Église qui est confiée à la Mère de Dieu. Au matin de Pâques, il court et précède Pierre au tombeau: "Il voit, il croit."

Une tradition ancienne veut que Jean vécut ensuite à Éphèse avec Marie. Qu'il y écrivit le quatrième évangile. Qu'un séjour à Patmos fut l'occasion d'une révélation qui devint l'Apocalypse. Qu'enfin, lorsqu'il fut vieux, il ne sut que répéter sans cesse l'essentiel de ce que le Christ lui avait enseigné et donné de découvrir: "Dieu est amour. Aimez-vous les uns les autres."

Selon la tradition, saint Jean aurait été amené d'Éphèse à Rome, chargé de fers, sous l'empereur Domitien. Il fut condamné par le sénat à être jeté dans l'huile bouillante. Cette condamnation fut exécutée devant l'actuelle Porte Latine. Il en sortit plus frais et plus jeune qu'il n'y était entré. Le fait n'est pas prouvé, mais il fallait bien que saint Jean soit venu à Rome, comme Pierre et Paul.

Source : site Nominis de la Conférence des évêques de France

jeudi 22 décembre 2011

Joyeux Noël !





Joyeux Noël à tous ceux qui passent sur ce blog !

Ensuite je vais m'absenter quelques jours pour fêter Noël.

Le pape  déclaré lors de la catéchèse de ce mercredi : « Je vous souhaite à tous ainsi qu’à vos familles de célébrer un Noël vraiment chrétien, de façon à ce que les échanges de vœux aussi soient ce jour-là l’expression de la joie de savoir que Dieu nous est proche et veut marcher avec nous sur le chemin de la vie ».
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lundi 19 décembre 2011

Le père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus déclaré Vénérable !



En ce 19 décembre 2011, le Pape Benoît XVI a proclamé l’héroïcité des vertus du père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus.

Henri Grialou, plus connu sous son nom de religion Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, né le 2 décembre 1894 au Gua en Aveyron et mort le 27 mars 1967 à Venasque dans le Vaucluse, est un religieux de l'Ordre du Carmel, fondateur de l'Institut Notre-Dame de Vie et auteur de la somme spirituelle et théologique qu’est « Je veux voir Dieu ». Cette décision constitue un pas important vers sa béatification.

Sources : Institut Notre Dame de Vie, Wikipedia et l'Agence Zenit
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jeudi 8 décembre 2011

Joyeuse fête de l'Immaculée Conception ! Et nouvelle récompense pour Brunor à Angoulême





Joyeuse fête de l'Immaculée Conception !


Elle est l'occasion de la fête des lumières à Lyon par exemple.


Et je viens d'apprendre que l'auteur Brunor a reçu le prix 2012 de la bande dessinée chrétienne d'Angoulême. C'est mérité, car son cycle des indices pensables est vraiment formidable pour mettre à la portée de tous la profonde cohérence entre la foi et la raison.

Brunor avait déjà remporté ce prix 2011 pour son album sur saint Vincent de Paul : "Monsieur Vincent, la vie à sauver".

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dimanche 27 novembre 2011

Il y a 1500 ans, 27 novembre 511 : mort de Clovis



En ce jour nous entrons dans l'Avent, mais ce 27 novembre est aussi le 1500ème anniversaire de la mort de Clovis (27 novembre 511).


Le général de Gaulle, cité par David Schœnbrun, dans sa biographie "les trois vies de Charles de Gaulle" (traduction de Guy Le Clec'h), publié aux éditions Julliard en 1965, affirmait ainsi : "Pour moi, l'histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons la préhistoire gallo-romaine et gauloise. L'élément décisif pour moi, c'est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l'histoire de France à partir de l'accession d'un roi chrétien qui porte le nom des Francs."

Le pape Jean-Paul II était venu en France en 1996 célébrer les 1500 ans du baptême de Clovis. Auparavant il était venu en 1980 et avait ainsi interpellé la France dans son homélie du 1er juin 1980 au Bourget :

"Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger:
France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême?
Permettez-moi de vous demander:
France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle?
Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit."

Et lors de la messe à l'aéroport de Reims le 22 septembre 1996, son homélie rappelait le baptême de Clovis en ces termes :

"Voici quinze siècles, le roi des Francs, Clovis, reçut ce sacrement. Son baptême eut le même sens que tout autre baptême. Rappelons-nous les paroles du Christ: « Personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ». Il fut ainsi donné au souverain des Francs d'être appelé à la vie du Royaume de Dieu. Il avait longtemps médité le message chrétien dont témoignaient auprès de lui Clotilde, Remi, Vaast, Geneviève. Il fit le choix de renoncer à l'esprit du mal, à tout ce qui conduit au mal et à tout orgueil; en même temps, il professait la foi de l'Église et il adhérait au Christ, le Fils de Dieu fait homme, mort et ressuscité pour la rédemption du monde. Le baptême l'a libéré du péché originel et de tout péché commis antérieurement et, par la grâce sanctifiante, l'a fait participer à la vie de Dieu. Ses compatriotes baptisés avec lui reçurent les mêmes dons, Ils devinrent chrétiens, fils adoptifs de Dieu. Ils devinrent aussi membres du Peuple de Dieu, l'Église."
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dimanche 20 novembre 2011

Fête du Christ-Roi 2011








Bonne fête du Christ-Roi ! Cette fête du Christ Roi de l'univers a été instituée par le pape Pie XI, dans l'encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925. En voici quelques extraits.


"Ainsi donc, le souverain domaine de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet, Nous faisons Volontiers Nôtres les paroles de Notre Prédécesseur Léon XIII, d'immortelle mémoire: " Son empire ne s'étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l'Eglise même s'ils sont égarés loin d'elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l'empire du Christ Jésus, c'est, en stricte vérité, l'universalité du genre humain. "


Et, à cet égard, il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l'unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus: Il n'existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n'a été donné aux hommes qu'il leur faille invoquer pour être sauvés.

Il est l'unique auteur, pour l'Etat comme pour chaque citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur: " La cité ne tient pas son bonheur d'une autre source que les particuliers, vu qu'une cité n'est pas autre chose qu'un ensemble de particuliers unis en société. " Les chefs d'Etat ne sauraient donc refuser de rendre - en leur nom personnel, et avec tout leur peuple - des hommages publics, de respect et de soumission à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale.


[...]

La fête, désormais annuelle, du Christ-Roi Nous donne le plus vif espoir de hâter le retour si désirable de l'humanité à son très affectueux Sauveur. Ce serait assurément le devoir des catholiques de préparer et de hâter ce retour par une action diligente; mais il se fait que beaucoup d'entre eux ne possèdent pas dans la société le rang ou l'autorité qui siérait aux apologistes de la vérité. Peut-être faut-il attribuer ce désavantage à l'indolence ou à la timidité des bons; ils s'abstiennent de résister ou ne le font que mollement; les adversaires de l'Eglise en retirent fatalement un surcroît de prétentions et d'audace. Mais du jour où l'ensemble des fidèles comprendront qu'il leur faut combattre, vaillamment et sans relâche, sous les étendards du Christ-Roi, le feu de l'apostolat enflammera les cœurs, tous travailleront à réconcilier avec leur Seigneur les âmes qui l'ignorent ou qui l'ont abandonné, tous s'efforceront de maintenir inviolés ses droits.


Mais il y a plus. Une fête célébrée chaque année chez tous les peuples en l'honneur du Christ-Roi sera souverainement efficace pour incriminer et réparer en quelque manière cette apostasie publique, si désastreuse pour la société, qu'a engendrée le laïcisme. Dans les conférences internationales et dans les Parlements, on couvre d'un lourd silence le nom très doux de notre Rédempteur; plus cette conduite est indigne et plus haut doivent monter nos acclamations, plus doit être propagée la déclaration des droits que confèrent au Christ sa dignité et son autorité royales.


[...]
Si tout pouvoir a été donné au Christ Seigneur dans le ciel et sur la terre; si les hommes, rachetés par son sang très précieux, deviennent à un nouveau titre les sujets de son empire; si enfin cette puissance embrasse la nature humaine tout entière, on doit évidemment conclure qu'aucune de nos facultés ne peut se soustraire à cette souveraineté.


Il faut donc qu'il règne sur nos intelligences : nous devons croire, avec une complète soumission, d'une adhésion ferme et constante, les vérités révélées et les enseignements du Christ. Il faut qu'il règne sur nos volontés: nous devons observer les lois et les commandements de Dieu.


Il faut qu'il règne sur nos cœurs: nous devons sacrifier nos affections naturelles et aimer Dieu par-dessus toutes choses et nous attacher à lui seul. Il faut qu'il règne sur nos corps et sur nos membres : nous devons les faire servir d'instruments ou, pour emprunter le langage de l'Apôtre saint Paul, d'armes de justice offertes à Dieu pour entretenir la sainteté intérieure de nos âmes. Voilà des pensées qui, proposées à la réflexion des fidèles et considérées attentivement, les entraîneront aisément vers la perfection la plus élevée.


Plaise à Dieu, Vénérables Frères, que les hommes qui vivent hors de l'Eglise recherchent et acceptent pour leur salut le joug suave du Christ! Quant à nous tous, qui, par un dessein de la divine miséricorde, habitons sa maison, fasse le ciel que nous portions ce joug non pas à contrecœur, mais ardemment, amoureusement, saintement! Ainsi nous récolterons les heureux fruits d'une vie conforme aux lois du royaume divin. Reconnus par le Christ pour de bons et fidèles serviteurs de son royaume terrestre, nous participerons ensuite, avec lui, à la félicité et à la gloire sans fin de son royaume céleste."

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samedi 12 novembre 2011

Extrait du long poème Ève (1913) par Charles Péguy






Ève (1913)


« L’une est morte un soir, et le trois de janvier.
Tout un peuple assemblé la regardait mourir.
Le bourgeois, le manant, le pâtre et le bouvier
Pleuraient et se taisaient et la voyaient partir.


L’éblouissant manteau d’une sévère neige
Couvrait les beaux vallons du pays parisis.
L’amour de tout un peuple était tout son cortège.
Et ce peuple, c’était le peuple de Paris.


L’éblouissant manteau d’une prudente neige
Couvrait les beaux recreux de la naissante France
L’amour de tout un peuple était son espérance.
L’amour de tout un peuple était tout son cortège.


Et par France j’entends le pays parisis
Et la neige éclatait, tunique grave et blanche.
On avait fabriqué comme une estrade en planche.
Et l’antique Lutèce était déjà Paris.


La neige déroulait un immense tapis.
L’histoire déroulait un immense discours.
La gloire encommençait un immense parcours.
Déjà l’humble Lutèce était le grand Paris.


La neige découpait un immense parvis.
L’histoire préparait un immense destin.
La gloire se levait dans un jeune matin.
Et la jeune Lutèce était le vieux Paris.


L’autre est morte un matin et le trente de mai
Dans l’hésitation et la stupeur publiques.
Une forêt d’horreur, de haches et de piques
La tenaient circonscrite en un cercle fermé.


Et l’une est morte ainsi d’une mort solennelle
Sur ses quatre-vingt-dix ou quatre-vingt-douze ans
Et les durs villageois et les durs paysans,
La regardant vieillir l’avaient crue éternelle.


Et l’autre est morte ainsi d’une mort solennelle.
Elle n’avait passé ses humbles dix-neuf ans
Que de quatre ou cinq mois et sa cendre charnelle
Fut dispersée aux vents. »


(Ed. Gallimard, coll. La Pléiade, Charles Péguy, Œuvres poétiques complètes, p. 1173-1174)
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vendredi 11 novembre 2011

11 novembre : hommage aux soldats morts pour la France

J'ai beaucoup aimé le discours de Sarkozy ce matin, en hommage aux soldats morts pour la France. J'ai trouvé cela très émouvant.

Cette référence à Charles Péguy :
« Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles, 
couchés dessus le sol à la face de Dieu (...), 
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre, 
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés ».


J'ai beaucoup aimé ce passage aussi :
« Honneur et Patrie », le jour où ces mots ne toucheront plus le cœur d'aucun Français, le jour où ils seront devenus incompréhensibles pour la plupart d'entre eux, il n'y aura plus de France. 
Le jour où les corps des soldats morts pour la France gagneront leur dernière demeure dans l'indifférence, il n'y aura plus de France. 
Soldats de la Grande Guerre qui avez tant souffert, vous nous avez tous quittés, mais la flamme du souvenir ne s'éteindra pas
.

Et enfin (en présence des familles des soldats tués depuis un an) :
Il ne s'agit pas d'honorer la guerre. 
Il s'agit d'honorer ceux qui sont tombés en faisant leur devoir pour leur pays. 
Il s'agit d'honorer aussi ceux que l'on n'a jamais honorés, ceux que l'on a oubliés, ceux auxquels l'on se contente de dire une fois merci au moment des funérailles mais dont on délaisse ensuite la mémoire parce que l'on préfère oublier les guerres dans lesquelles ils sont tombés.

La vidéo et l'ensemble du texte est sur le site web de l'Elysée.




Et je n'oublie pas que ce jour est aussi celui de la fête de saint Martin.
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dimanche 6 novembre 2011

L'Eglise est une, sainte, catholique et apostolique





Jésus a fondé son Eglise sur les apôtres. Aujourd'hui encore, l'Eglise jusqu'à nos jours repose sur cette fondation. Sous la conduite du ministère de Pierre qui "préside à l'amour" (Ignace d'Antioche), la foi des apôtres fut transmise dans l'Eglise de génération en génération. Il en va de même des sacrements que Jésus a confiés au collège des apôtres, ils continuent à agir avec leur force originelle. (Source : Youcat, n° 129)


Très tôt des saints témoignent du lien particulier de l'Eglise du Christ avec l'Eglise établie à Rome. En particulier, saint Irénée en témoigne dans son ouvrage "Contre les hérésies" (Livre III, 3, 2) :


[...] comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres.


Enfin la déclaration Dominus Iesus (2000) explicite la continuité historique entre l'Eglise du Christ et l'Eglise catholique dans le paragraphe suivant :


Les fidèles sont tenus de professer qu'il existe une continuité historique — fondée sur la succession apostolique53 — entre l'Église instituée par le Christ et l'Église catholique: « C'est là l'unique Église du Christ [...] que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu'il en soit le pasteur (cf. Jn 21,17), qu'il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt28,18ss.), et dont il a fait pour toujours la “colonne et le fondement de la vérité” (1 Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c'est dans l'Église catholique qu'elle se trouve [subsistit in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont en communion avec lui ».54 Par l'expression subsistit in, le Concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales: d'une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l'Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique; d'autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures »,55 c'est-à-dire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique.56 Mais il faut affirmer de ces dernières que leur « force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique ».57



(53) Cf. Conc. OEcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 20; cf. aussi S. Irénée,Adversus haereses, III, 3, 1--3: SC 211, 20-44; S. Cyprien, Epist. 33, 1: CCL 3 B, 164-165; S. Augustin, Contra adversarium legis et prophetarum, 1, 20, 39: CCL 49, 70.
(54) Conc. OEcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 8.
(55) Ibid., cf. Jean-Paul II, Encycl. Ut unum sint, n. 13. Cf. aussi Conc. OEcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 15 et Décr. Unitatis redintegratio, n. 3.
(56) Contraire à la signification authentique du texte conciliaire est donc l'interprétation qui tire de la formule subsistit in la thèse que l'unique Église du Christ pourrait aussi subsister dans des Églises et Communautés ecclésiales non catholiques. « Le Concile avait, à l'inverse, choisit le mot subsistit précisément pour mettre en lumière qu'il existe une seule “subsistance” de la véritable Église, alors qu'en dehors de son ensemble visible, existent seulement des elementa Ecclesiae qui — étant des éléments de la même Église — tendent et conduisent vers l'Église catholique » (À propos du livre « Église: charisme et pouvoir » du P. Leonardo Boff. Notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi: AAS 77 [1985] 756-762).
(57) Conc. OEcum. Vat. II, Décr. Unitatis redintegratio, n. 3.

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mardi 1 novembre 2011

Bonne fête de la Toussaint !



Fra Angelico, Les précurseurs du Christ avec les saints et les martyrs, 1423-1424


Les Béatitudes (Mt 5, 1-12)

Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »

Bible de la Liturgie (AELF)
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lundi 31 octobre 2011

Intention de prière pour novembre 2011





L'intention générale de prière de Benoît XVI pour le mois de novembre est: "Pour les Eglises catholiques orientales, afin que leur tradition soit connue et estimée en tant que richesse spirituelle de toute l'Eglise".


Son intention missionnaire est: "Pour que le continent africain trouve dans le Christ la force de réaliser le chemin de réconciliation et de justice indiqué par le second Synode des évêques pour l'Afrique".


Source : Vatican Information Service (VIS)
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Peinture surprise par David Garibaldi

lundi 24 octobre 2011

ZENIT - Nouvelle évangélisation : le card. Wuerl et Mgr Carré nommés au synode




ZENIT - Nouvelle évangélisation : le card. Wuerl et Mgr Carré nommés au synode

Benoît XVI vient de nommer l'archevêque de Montpellier secrétaire spécial du Synode d'octobre 2012 pour la nouvelle évangélisation.


Le pape a nommé un Français comme secrétaire spécial : l’archevêque de Montpellier, Mgr Pierre-Marie Carré. Mgr Carré est un bibliste, et il est président de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France.

Cette 13e assemblée générale ordinaire du Synode des évêques se tiendra au Vatican du 7 au 28 octobre 2012 sur le thème : « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi ».

Le synode donnera un élan spécial à l’Année de la foi que le pape ouvrira solennellement pendant la tenue du synode, le 11 octobre 2012, à l’occasion du 50e anniversaire de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II.

Source : agence Zenit
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Décès d'un excellent humoriste et chansonnier : Jean Amadou


Hier dimanche 23 octobre à Paris, Jean Amadou est décédé. C'était un humoriste très talentueux et cultivé. J'ai toujours beaucoup apprécié ses sketches, son humour très fin...

Wikipedia lui consacre une page intéressante. Il était de grande taile (1m95) et il a prêté sa voix pour divers films de cinéma : il est le narrateur dans Les Visiteurs 1 et 2, dans L'Aile ou la cuisse, etc.
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lundi 17 octobre 2011

Benoît XVI adresse le Motu Proprio "Porta Fidei"



Cette lettre apostolique en forme de Motu Proprio promulgue l'année de la foi, du 11 octobre 2012 (cinquantenaire de l'ouverture du concile Vatican II) au 24 novembre 2013 (en la fête du Christ-Roi).

Source : site web du Saint-Siège
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dimanche 16 octobre 2011

ZENIT - Le pape convoque une « Année de la foi »



ZENIT - Le pape convoque une « Année de la foi »

Benoît XVI a annoncé, au terme de la première rencontre organisée par le Conseil pontifical pour la Promotion de la Nouvelle évangélisation, une « Année de la Foi » qui débutera le 11 octobre 2012 – 50e anniversaire de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II – et qui se conclura le 24 novembre 2013, solennité du Christ Roi de l’Univers.

Source : agence Zenit
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samedi 15 octobre 2011

Canoe – Infos – International - Le pape encourage 8 000 catholiques



Canoe – Infos – International - Le pape encourage 8 000 catholiques


Samedi et dimanche 15 et 16 octobre, 8 000 catholiques engagés dans la «nouvelle évangélisation» sont réunis à Rome, au Vatican.

Benoît XVI a exhorté les chrétiens à annoncer la joie de leur foi.

Sources : Canoë, via l'AFP et l'Osservatore romano, et Radio Vaticana
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jeudi 29 septembre 2011

mardi 13 septembre 2011

13 septembre : saint Jean Chrysostome, évêque et docteur de l'Eglise (+ 407)



Saint Jean Chrysostome est né à Antioche de Syrie (entre 344 et 354). Orphelin dès son plus jeune âge, il fut éduqué par sa mère qui le marqua fortement par sa piété et son ouverture d'esprit. Il reçut ensuite une formation solide auprès du rhéteur Libanios, qui l'initia à la langue et à la culture grecques ainsi qu'à l'éloquence pour laquelle il montra des dons exceptionnels.

Jean, attiré par le monachisme, prit bientôt du recul par rapport à la culture païenne. Jeune adulte, il reçut le baptême dans l'Eglise d'Antioche et fut nommé lecteur. Il se consacra alors à l'étude de l'Ecriture suivant la tradition exégétique d'Antioche en continuant à vivre chez lui. Puis, il s'éloigna pour se mettre à l'école d'un ascète, enfin il se retira dans un ermitage. Prière, contemplation, étude, ascèse rythmèrent ses journées pendant 6 ans. Le délabrement de sa santé, mais peut-être aussi l'émergence d'une autre vocation dans l'Eglise, l'amenèrent à quitter sa retraite. Il regagna Antioche où il fut ordonné prêtre en 386. Prédicateur d'envergure, non seulement la Parole de Dieu lui était connue par un travail exigeant, mais plus encore, il l'avait intériorisée, goûtée, longuement ruminée, elle avait pris corps en lui. Jean en avait expérimenté la force comme il l'écrivait lui-même : "La Parole, voilà l'instrument du médecin des âmes... C'est elle qui cautérise..., c'est elle qui relève l'âme abattue..., c'est elle qui retranche l'inutile, comble le vide". Pour lui, cette lecture priante et aimante de l'Ecriture n'était pas seulement l'affaire des moines et des clercs, mais celle de tout chrétien. Il le rappela abondamment.

Sa réputation s'étendit, ce qui lui valut d'être nommé évêque de Constantinople à la mort de Nectaire (397). Sa façon d'être tranchait avec celle de son prédécesseur : au lieu du luxe, il choisit le dénuement, au lieu de faire des compromis avec les grands, il les rappela à leurs devoirs, pointant la misère des pauvres et leur propre luxe (cf. Homélies). Enfin, il s'appliqua à réformer le clergé. Pasteur profondément aimé du peuple, il poursuivit son ministère de prédication. Sa parole sans détours ne tarda pas à lui attirer des ennemis, en particulier l'impératrice Eudoxie. C'est ainsi qu'en 403, Jean fut déposé au concile du Chêne et condamné à l’exil. Mais l'émeute populaire qui se déchaîna à l'annonce de sa condamnation amena l'impératrice à revenir sur sa décision. Jean regagna Constantinople, mais pour quelques mois seulement. En 404, il fut de nouveau condamné à l'exil, à Cucuse (Basse Arménie) où il passa 3 ans pendant lesquels il écrivit beaucoup. Les "Lettres à Olympias" témoignent de cette période. Son rayonnement devenant gênant, le pouvoir impérial décida de l'éloigner. Il mourut d'épuisement avant d'être arrivé au lieu de sa nouvelle résidence, le 14 septembre 407, après avoir proclamé : "Gloire à Dieu en toutes choses".

Si Jean fut surnommé Chrysostome (Bouche d'Or), c'est en raison de son éloquence. S'il fut canonisé, c'est en raison de son héroïsme et de la sainteté de sa vie.

Source : missel Kephas.
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jeudi 8 septembre 2011

8 septembre : Nativité de la Vierge, fête de saint Serge 1er (pape +701)

Naissance de la Vierge, par Domenico Ghirlandaio, chapelle Tornabuoni (Santa-Maria Novella, Florence)

En ce 8 septembre nous fêtons la Nativité de la Vierge, fête très ancienne, à partir de laquelle a été définie celle de l'Immaculée Conception le 8 décembre. Le site missel.free.fr consacre à cette fête un long et intéressant article.

Or, il se trouve que cette fête a été introduite en occident par un saint fêté aujourd'hui : le pape saint Serge 1er, pape de 687 à 701. Le site Nominis dit de lui qu'il établit les quatre fêtes liturgiques mariales : l'Annonciation, la Dormition (appelée Assomption un siècle plus tard dans l'Eglise Catholique), la Nativité et la Purification.

D'après le site www.opuslibani.org.lb, Saint Serge ler est né à Palerme (Sicile) et est originaire d’une famille phénicienne immigrée en Europe. Il se heurta durement à l'empereur Justinien II qui avait convoqué un concile à Constantinople en 691, sans inviter ni demander au Pape son approbation. Serge échappa à une arrestation, ordonnée à la suite de ses dures remontrances, grâce à l'insurrection des milices byzantines à Ravenne et du peuple de Rome.

Il est retourné à la maison du Père le 7 septembre 701.

Sources: site missel.free.fr, Wikipedia, opuslibani.org.lb et Nominis
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samedi 20 août 2011

20 août : saint Bernard de Clairvaux (+ 1153)





«Quiconque prie et travaille, lève vers le Seigneur son coeur avec ses mains»
[ Saint Bernard ] -
Extrait d'Ad sororem


Né en 1090 à Fontaine-lès-Dijon, décédé le 20 août 1153. Il a durablement marqué la spiritualité occidentale; entré à Cîteaux en 1111, il a été envoyé en 1115 comme abbé d'une nouvelle fondation de Cîteaux: Clairvaux. C'est une très grande figure du XIIème siècle.


Lien sur saint Bernard sur le site Zenit: http://zenit.org/article-18617?l=french. Dans cette catéchèse, le pape Benoît XVI dit que saint Bernard de Clairvaux « excellait à faire distiller des textes bibliques le sens qui s'y trouvait caché ».


Sources : site Zenit, site de l'abbaye Saint-Benoît en Suisse
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lundi 15 août 2011

Belle prière à la Vierge du poète Charles d'Orléans


Mère de Dieu, toute belle

Rose en fleur, Mère de Dieu toute belle, Vierge douce, vigne féconde, claire aurore: priez pour nous, afin que nous soyons dignes de trouver l’éternel bonheur, dans l’éternelle Lumière.

Vous fûtes couronnée d’étoiles, le soleil est votre parure, la lune est sous vos pieds. Vous êtes divinement glorifiée en votre corps et dominez de là-haut, dans cette gloire magnifique, toutes les créatures du monde.

Vierge sainte, rassasiée de béatitude en paradis, priez pour nous. Que votre prière efface nos péchés, et donnez-nous la joie du ciel.

Charles d’Orléans 1394-1465


Sources : missel Kephas et site Prier en famille
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samedi 30 juillet 2011

ZENIT - Intentions du pape en août : pour les JMJ et les chrétiens d’Occident



ZENIT - Intentions du pape en août : pour les JMJ et les chrétiens d’Occident

L'intention générale de prière de Benoît XVI pour le mois d'août est: "Pour que la Journée mondiale de la Jeunesse célébrée à Madrid encourage tous les jeunes du monde à enraciner et à fonder leur vie dans le Christ".

Son intention missionnaire est: "Pour que les chrétiens d'Occident, dociles à l'action du Saint-Esprit, retrouvent la fraîcheur et l'enthousiasme de leur foi".


Sources : agence Zenit et VIS
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ZENIT - Le tombeau de saint Philippe pourrait avoir été retrouvé



ZENIT - Le tombeau de saint Philippe pourrait avoir été retrouvé

Il aurait été retrouvé à Pamukkale, ancienne Hierapolis, en Anatolie occidentale (Turquie), où l'apôtre Philippe mourut après avoir prêché en Grèce et en Asie mineure.

La découverte a été faite par la mission archéologique italienne qui travaille depuis 1957 et qui est aujourd'hui composée d'une équipe internationale dirigée depuis 2000 par Francesco D'Andria, professeur à l'université de Salento.

Source : agence Zenit
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ZENIT - Nous sommes tous Norvégiens : édito du P. Podvin




ZENIT - Nous sommes tous Norvégiens : édito du P. Podvin


Après la terrible tuerie en Norvège, la Conférence des évêques de France a réagi par la bouche de son porte-parole, Mgr Podvin sur ce lien:


http://www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/les-1000-signes-du-porte-parole/nous-sommes-tous-norvegiens-12305.html


Mais je ne voudrais pas passer sous silence la note originale à propos de la tragédie norvégienne sur le blog de Malika Sorel. C'est une analyse intelligente et nuancée.


Sources : agence Zenit et blog de Malika Sorel
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mercredi 27 juillet 2011

27 juillet : sainte Nathalie, saint Aurèle et leurs compagnons


Ceci s'est passé au IXème siècle ; il ne faisait pas bon vivre à Cordoue pour les chrétiens. La jeune Nathalie s'y est révélée martyre, avec Aurèle, son époux, Liliose et Félix, leurs amis, et Georges, un moine venant de Palestine. Le lien avec l'abbaye de Saint-Gernain-des-Près à Paris est dû au moine bénédictin, Usuard, de cette abbaye parisienne, qui s'est rendu en Espagne en 857 et a rapporté dans son monastère les reliques de Nathalie et d’Aurèle.

Plusieurs dizaines de chrétiens furent massacrés à Courdoue entre 850 et 859. Leur histoire est connue grâce aux récits de l'un d'entre eux, saint Euloge, évêque de Cordoue à cette période.

Un jour, Nathalie a vu Aurèle, son époux, revenir bouleversé du centre ville. Il venait de voir un jeune homme insulté et fouetté par des musulmans au long du chemin. Cet homme était paisible et priant. Cet épisode a rendu les jeunes époux déterminés à ne plus vivre en cachette et à vivre plus visiblement leur baptême. Ils savaient que leur décision entraînerait leur mort. Ils confièrent leurs deux enfants de 5 et 8 ans à une veuve de martyr, qui était dans un monastère non loin de la ville, ainsi que toute leur fortune pour leur éducation. Ils convainquirent leurs cousins Félix et son épouse Liliose de se joindre à eux. Ce dernier couple vivait sa foi de manière très cachée. Stimulés les uns par les autres, Nathalie et Liliose décidèrent de sortir dans la rue sans leur voile. Arrêtées immédiatement elles furent conduites devant le cadi pour être jugées. Leurs époux furent recherchés et mis au cachot. On arrêta également un vieux moine quêteur de Palestine qui vivait chez eux. Comme il n’était pas espagnol, il craignait d’être expulsé du pays au lieu de subir le martyr. Alors, devant le tribunal il traita Mahomet de « fidèle du diable, ministre de l’antichrist, labyrinthe de tous les vices ». Son compte était bon. On tua d’abord Félix, puis Georges, puis Liliose, et enfin Aurèle et Nathalie en dernier. C’était le 27 juillet 852.

Etymologie du nom :
Du latin « dies natalis » « jour de la naissance » de Jésus.

Source : site de l'émission Dieu merci !
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vendredi 22 juillet 2011

22 juillet : sainte Marie-Madeleine




Aujourd'hui 22 juillet nous fêtons sainte Marie-Madeleine, ainsi nommée en l'évangile selon saint Luc parmi les femmes qui suivent Jésus depuis la Galilée, se retrouve dans les récits de la Passion et de la Résurrection. Son identité avec Marie de Béthanie et la pécheresse est depuis toujours discutée. Pour simplifier la tradition catholique identifie une seule personne, là où les traditions orthodoxes et protestantes y voient 3 personnes différentes. Si la chose était de nature à pouvoir être parfaitement éclaircie, elle devrait l'être à présent, puisque tant d'habiles personnages l'ont traitée.

Toutefois voici ce qu'en dit l'abbé L. Jaud, reprenant la tradition catholique occidentale (Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950).

"Marie Madeleine, sœur de Marthe et de Lazare, était d'une famille distinguée de Béthanie. Après la mort de ses parents, Marie avait reçu en héritage le château de Magdala, en Galilée, d'où lui vint le surnom de Madeleine, et elle y vivait dans le luxe et les plaisirs au point qu'elle devint le scandale de toute la Galilée, et qu'on ne la connut bientôt que sous le nom de la Pécheresse. En punition de ses débordements, elle fut possédée du démon jusqu'au jour où le Sauveur, lui remettant ses péchés, la délivra de la domination de Satan.
Dieu avait fait naître en ce cœur coupable le désir de voir Jésus; ce désir devait être son salut, car le Sauveur voulait donner en Madeleine un exemple frappant de Sa miséricorde infinie en même temps que de la plus parfaite pénitence. C'est elle qui, ayant un jour suivi le Seigneur chez Simon le Pharisien, versa sur les pieds de Jésus un vase de parfum précieux, les arrosa de ses larmes et les essuya avec ses cheveux, et qui entendit ensuite cette parole: "Beaucoup de péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé."
Nous la rencontrons, depuis lors, très souvent dans l'Évangile; elle contemple Jésus et L'écoute, dans la maison de Béthanie, pendant que sa sœur Marthe s'occupe seule du service de la maison: "Marie, dit le Sauveur, a choisi la meilleure part." Une autre fois, dans les derniers jours de sa vie, Jésus voit Madeleine répandre un parfum délicieux sur cette tête divine qui bientôt sera couronnée d'épines. Elle accompagne le Sauveur au sommet du Calvaire, assiste à Sa mort et à Sa sépulture, et bientôt reçoit l'une des premières visites du Christ ressuscité: "Marie!" S'écrie le Sauveur. Et Marie, reconnaissant Jésus, Lui répond dans une effusion d'amour: "O mon Maître!".
Peu après, les Juifs endurcis, fatigués de ses exhortations et de celles de Marthe et de Lazare, les exposèrent sur la mer par une tempête, dans une pauvre barque sans rames ni voiles. La nacelle voguait à la garde de Dieu, et vint aborder, après quelques jours, au rivage de Marseille. Les pieux disciples du Christ firent là de nombreuses conquêtes.
Quant à Madeleine, elle s'enfonça dans les montagnes sauvages et solitaires et fut transportée par les anges dans une grotte appelée depuis la Sainte-Baume, où elle mena une vie plus angélique qu'humaine, favorisée des grâces les plus merveilleuses, ne vivant que de la Sainte Communion, soupirant et versant des larmes de pénitence et d'amour."



Et, à l'appui de cette tradition, bien qu'il ne prenne pas définitivement parti, je souhaite signaler l'excellent livre de Roland Hureaux : "Jésus et Marie-Madeleine". Je le cite dans une recension qu'il a faite dans un article de la revue "Liberté politique" :

"Si l'on se cantonne aux Évangiles canoniques, une question préalable est à résoudre : les trois figures de femmes généralement identifiées à Madeleine, la pécheresse anonyme de saint Luc, Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare, Marie de Magdala qui se trouve au pied de la croix sont-elles une seule et même personne ? Les Églises d'Orient pensent que non. L'Église latine pense généralement que oui. À vrai dire nul ne le sait. Une lecture littérale des textes inclinerait à la thèse de l'unité. C'est celle que firent saint Augustin et la plupart des auteurs du Moyen Âge occidental. Les exégètes contemporains, volontiers hypercritiques et par là presque tous partisans de trois Madeleine, en savent-ils vraiment plus qu'eux ? Dans le doute, j'ai opté pour l'unité, suivant une brillante démonstration d'André Feuillet, sachant qu'il ne s'agit là que d'une hypothèse."

...

"Que Marie-Madeleine soit absente des lettres de saint Paul et des Actes des Apôtres qui relatent ce qui se passa entre 30 et 60 environ, reste une énigme. Moins que par un retour de machisme (il semble que gravitent autour de saint Paul des disciples-femmes du même genre qu'elle), on peut l'interpréter par le fait qu'elle n'est plus en Palestine ni en Asie Mineure où, pour l'essentiel, se situent ces écrits. Cette absence peut conférer quelque vraisemblance aux récits médiévaux selon lesquels elle serait partie pour Marseille et y aurait fini ses jours. Même si le port provençal avait alors des relations commerciales suivies avec le Proche-Orient, cela ne suffit pourtant pas à garantir la véracité de ces traditions tardives."
 (note: traditions qui la font venir en Gaule, en Provence à la Sainte-Baume, voire en Bourgogne à Vézelay)

vendredi 15 juillet 2011

15 juillet : fête de saint Bonaventure, docteur de l'Eglise



Le pape Benoît XVI lui a consacré une catéchèse, lors de l'audience générale du 3 mars 2010. C'est un très grand saint franciscain, docteur de l'Eglise, auteur d'une oeuvre très importante au XIIIème siècle.

Une édition récente de ses oeuvres spirituelles est consultable sur le site de l'abbaye bénédictine de Saint-Benoît en Suisse.

Il naît de Giovanni da Fidanza et de Maria Ritella. Baptisé Giovanni à sa naissance, il prend par la suite le nom de « Bonaventure ». Nous ne savons rien de sa jeunesse, ni des raisons de son changement de nom. Selon une tradition du xve siècle, le jeune Giovanni, gravement malade, aurait été apporté à François d'Assise, lequel se serait écrié en le voyant : « O buona ventura! » (« quelle chance ! »).
Son père, médecin, l’envoie étudier les arts à la Sorbonne en 1236. Il rejoint l'Ordre des frères mineurs en 1243. Il entreprend les études de théologie sous la houlette d'Alexandre de Hales, grand théologien devenu franciscain. En 1248, Bonaventure obtient sa licence, ce qui l'autorise à enseigner à son tour à l'Université. En 1256, l'animosité montante des universitaires à l'égard des ordres mendiants l'oblige à quitter son poste. Après la condamnation de Guillaume de Saint-Amour, principal adversaire des Mendiants, Bonaventure reçoit son doctorat en 1257, en même temps que Thomas d'Aquin.
La même année, et malgré son jeune âge, Bonaventure avait été élu ministre général de son ordre, en succession de Jean de Parme. Il se trouve confronté à la querelle entre Spirituels et Conventuels, c'est-à-dire entre partisans de la pauvreté absolue et partisans d'une évolution de l'ordre, en particulier vers l'enseignement. Bonaventure condamne les Spirituels, en particulier les joachimistes, artisans des thèses de Joachim de Flore. Lors du chapitre général de Narbonne, il fait réviser les constitutions de l'ordre. Il s'attelle ensuite à une biographie de François d'Assise, qu'il présente en 1263 au chapitre général de Pise. À cette occasion, il redessine la carte des provinces de l'ordre. Il prescrit également la sonnerie des cloches à la tombée de la nuit, en l'honneur de l'Annonciation — pratique qui préfigure la prière de l'Angélus.
En 1265, Clément IV le nomme archevêque d'York, mais il refuse cette promotion et surtout entend demeurer à Paris, pour la défense des ordres mendiants. L'année suivante, le chapitre général de Paris ordonne la destruction de toutes les Vies de François d'Assise, à l'exception de celle rédigée par Bonaventure, déclarée la seule authentique et digne de foi. Cette mesure est condamnée par les zelanti, partisans d'un retour aux sources, qui y voient la confiscation par Bonaventure du personnage de François.
En 1267, à Rome, il crée un statut pour les laïcs agissant selon les règles de l’Amour du Christ : c’est la première confrérie de pénitents, qu'il nomme "Confrérie du Gonfalon", dont l’objet est l’amour du Christ et la proclamation de la foi catholique.
En 1271, Bonaventure intervient dans le conclave réuni à Viterbe après la mort de Clément IV. Sur ses conseils, les cardinaux élisent Tebaldo Visconti, qui prend le nom de Grégoire X. En 1273, Bonaventure est consacré cardinal-évêque d'Albano par le nouveau pape. L'année suivante, Bonaventure quitte la tête des franciscains. Il est remplacé à cet office par Jérôme d'Ascoli, futur Nicolas IV. Il est alors chargé par Grégoire X de préparer le IIe concile de Lyon, qui s'ouvre le 7 mai 1274.
Durant le concile, Bonaventure prend la parole à deux reprises devant les pères conciliaires, une fois pour accueillir la délégation byzantine et recommander la réunion des églises. Il meurt le 13 juillet, pendant la session (d'autres sources disent qu'il meurt dans la nuit du 14 au 15 juillet). Selon son secrétaire, Pérégrin de Bologne, il aurait été empoisonné. Il fut inhumé dans l'église franciscaine de Lyon, aujourd'hui nommée "Eglise St-Bonaventure". Son corps y a reposé longtemps, mais les sources ne concordent pas sur l'origine de la disparition de ses reliques: pendant les guerres de religion ou bien pendant la Révolution Française. Son oraison funèbre fut prononcée par son ami, le dominicain Pierre de Tarantaise, futur Innocent V, sur le thème "Elle est tombée la colonne de l'Église".
Quand, en 1434, ses restes furent transférés dans une nouvelle église dédiée à François d'Assise, le tombeau a été ouvert. Sa tête aurait alors été trouvée dans un parfait état de conservation, ce qui favorisa grandement la cause de sa canonisation. Le 14 avril 1482, Sixte IV, pape franciscain, l'inscrivit au nombre des saints. Bonaventure fut proclamé docteur de l'Église en 1587 par le pape franciscain Sixte Quint.

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